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mardi 26 février 2008

Dans le moulin à huile d'olive

Les voisins nous invitent à manger chez eux. Confortablement installés sur la banquette, on attaque le tajine de patates et les œufs qu'ils nous ont préparés... et on voit arriver Mohammed, complètement couvert d'une substance noire. Il nous apprend qu'il est en train de presser les olives. On remonte aussitôt chercher l'appareil photo chez nous et on mitraille le moulin, les travailleurs et la mule.


La ferme de Mohammed

Nous avons pris ces photos avant les grosses pluies... ce qui explique ce soleil radieux.


Le moulin

Mohammed se sert de son moulin pour ses propres olives, mais il le loue également à d'autres paysans. C'est le cas aujourd'hui. Les olives ont été récoltées au mois de novembre. On leur rajoute du sel, et elles patientent ensuite dans des sacs. Apparemment, on peut les presser ensuite quand on veut.

Etape 1 : la mule moud les olives.




C'est parti ! Attention, ça va vite.


Etape 2 : on presse
Une fois que les olives sont bien réduites en purée, on les rassemble et on les met dans des sortes de paniers plats en jonc. On empile les paniers, il y en a en tout une quinzaine.


La presse. Un verre de thé s'est caché dans la photo...


Bien entendu c'est le chef qui s'occupe de tout ça !

Il s'agit de la troisième pression, et Mohammed rajoute de l'eau bouillante pour aider l'huile à sortir.





Attention les yeux, la photo de l'huile qui suinte est vraiment étrange, à cause du flash. Je n'ai pas mis la photo que j'ai prise de la cuve, c'était encore plus bizarre. Mais rassurez-vous, l'huile d'olive qui sort est délicieuse, Mohammed en a bu un verre pour nous le prouver.

Vous l'aviez trouvé?

L'huile est recueillie dans un bassin, et le surplus d'eau sort par une rigole à l'extérieur de la maison.

A l'extérieur du moulin, rien que des champs, et un tas de feytor

Mohammed vendra le feytor, le résidu des olives pressées. C'est un excellent combustible.

dimanche 24 février 2008

On ne mourra pas de faim (2)

Pas un jour ne se passe sans qu'on nous offre à manger.
Entre autres :

-un plat dont j'ignore le nom, composé de couscous, de feuilles de mauve hachées et d'huile d'olive. Miam, très bon.


- Un couscous, préparé en grande quantité ce jour-là. En effet, un jeune garçon est mort à quelques kilomètres de chez nous, et Mohammed, notre voisin, allait chez la famille apporter ses condoléances, ainsi que du couscous et des légumes, ce qui est la coutume ici quand quelqu'un meurt.



- et, euh... au moins 6 kilos de petits-pois, apportés un matin par quelqu'un qu'on ne connaissait même pas, (et qui a donc failli se faire étriper par les chiens, ouille, ce sont de sacrément bons chiens de garde!) et qui s'est avéré être le fils d'un homme que nous avons amené une fois à Fès, et qui voulait nous remercier.

Allez, au travail, il faut écosser tout ça !

mercredi 20 février 2008

La terre sous nos pieds

Il pleut, ça y est, depuis 2 jours, et apparemment c'est pas près de s'arrêter. Ici, ça rend les gens heureux. L'année dernière fut une année de sécheresse, mais cette année s'annonce plus clémente pour les agriculteurs. "C'est pas de l'eau qui tombe, c'est de l'argent" nous ont dit les ouvriers.
La pluie va permettre aux paysans de répandre de l'azote dans leurs champs. Oui, c'est vrai, ça pollue... mais ils attendaient tous ce moment. Maintenant, parait-il, il pourrait ne pas pleuvoir jusqu'à l'été.

Avec la pluie le paysage se transforme. En une semaine, le blé va pousser d'une dizaine de centimètres. Nos arbres font de nouvelles feuilles de jour en jour.
Mais ce qui retient le plus l'attention, quand il pleut ici, c'est la terre. Elle est très argileuse, et elle se met à coller sous vos semelles comme pas possible.
Voilà ce que ça donne (en version light, car ça peut être vraiment pire) :

Il y a un mot ici pour désigner ces mottes de terre collées sous les pieds, un mot qui n'existe pas à Fès, puisqu'évidemment les gens n'ont pas ce problème là-bas. On appelle ça tommuen.

Les chiens aussi ont des tommuen sous leurs pattes.



C'est super rigolo, ça leur fait des pattes palmées, mais ils ne sont pas très contents. Ils n'arrivent pas à s'en débarrasser et ça leur donne froid.


Mais la pluie a quand même ses amateurs.

dimanche 17 février 2008

Un hiver au Maroc : elle arrive...

Au Maroc tout le monde l'attend avec impatience... Depuis un mois, elle n'a pas montré le bout de son nez.
Mais le vent froid - on l'appelle gharbi, c'est à dire vent d'ouest - qui souffle sur notre campagne ces derniers jours annonce son arrivée imminente.

troupeau de bibis (dindons en marocain) affrontant fièrement le gharbi

La pluie ! C'est pour bientôt!

samedi 16 février 2008

Photo de la maison 12/02/2008



Vue depuis la ferme de Mohammed, notre maison est en arrière-plan,
et se reconnait grâce aux larges ouvertures qu'on y devine

vendredi 15 février 2008

Une coccinelle sur un néflier


L'autre jour au marché on a acheté deux arbres, un citronnier et un néflier.
Et quelques instants après qu'on a planté les arbres, une petite coccinelle, la première de la saison, s'est posée sur le tronc du néflier.

Le citronnier et le néflier attendant sagement d'être plantés

jeudi 14 février 2008

Tajine de sardines

La semaine dernière, Bachir avait insisté pour qu'on ramène de Fès un kilo de sardines. Et on avait oublié. Alors on a profité d'être au souk pour acheter du poisson, amené le matin même d'Al Hoceima.
Et entre la pose d'une porte et la construction d'un meuble, Bachir nous a préparé un tajine.

les ouvriers/gardiens/cuisiniers en action

D'accord, le gilet de Fouad est vraiment très sale, mais il n'est là que pour la photo, car quelques secondes auparavant il faisait ça :


Fouad prépare le ghais, le crépi de terre,
en mélangeant une terre spéciale avec de l'eau et de la paille

En tout cas c'était vraiment très bon, et surtout très facile à préparer car la particularité de ce plat, c'est qu'une fois qu'on le met sur le feu, on n'y touche plus jusqu'à la fin de la cuisson.


Tajine de sardines

Pour 4 personnes :
1 kilo de sardines (écaillées et nettoyées)
3 grosses pommes de terre coupées en rondelles
2 oignons moyens en rondelles
2 tomates en rondelles
1 bouquet de persil
1 bouquet de coriandre
1 petit citron
Huile neutre
Huile d'olive
Sel, piment fort et cumin
Plat à tajine


On commence par mettre les filets de sardines dans un plat à tajine allant sur le feu, et on ajoute une cuillerée de sel, une cuillerée à café de piment fort et une de cumin.


On ajoute la coriandre ciselée et on mélange tout ça à la main.

On dispose alors la moitié des patates sous les sardines.


Au dessus des sardines, on met, dans l'ordre, le reste des patates, les oignons et les tomates.

On termine par le bouquet de persil plat. Puis on arrose du jus de citron, on ajoute une cuillère à soupe d'huile d'olive, 2 cuillères d'huile neutre et un verre d'eau.


Ensuite on ferme le plat à tajine et le met sur le feu, d'abord à feu vif. Puis, quand c'est bien chaud, on baisse le feu. On cuit ça pendant 2 heures environ. Attention, il faut régulièrement surveiller le tajine, et rajouter de l'eau au besoin. Mais surtout ne pas mélanger les ingrédients.


Et au bout de deux heures, on attrape un bout de pain, et on met les mains dans le plat!

mercredi 13 février 2008

Souks du Maroc : Souk du Mardi

Au départ, ce gros bourg marocain était un simple village où était organisé chaque semaine un grand marché.
Le souk rassemble à la fois des vendeurs venant des grandes villes, qui vont de souk en souk, et des petits producteurs locaux.

Arrivée dans le souk. Les gens viennent de toute la région dans ces camionnettes.


Comme chez Ikéa on peut s'y meubler...


... ou acheter tout un tas de trucs d'occasion.


Avec le palmier nain, qui fait 70 centimètres de haut et dont les palmes sont extrêmement résistantes, on fait des nattes, des paniers...


...et le bardâa, un bât pour les ânes ou les mules :


Et oui! ça a donné notre mot français barda.


Le seyer, qui sert à séparer le grain de blé de la bale.


Ces tamis-là sont pour la farine.



Les guerouat, avec lesquelles on transporte l'eau du puits, sont faites en pneu.



Mais il y a aussi plein de trucs et de bidules de toutes les couleurs.























Dans le coin des bouchers, un rémouleur.




Ah tiens, ça, on en a acheté. Ce sont des graines de plantes qui se plantent en ce moment, à la mi-février : melon, courgettes, concombres.


Tout ce tohu-bohu est vraiment épuisant... On peut s'arrêter un peu, pour manger par exemple un sfenj, un beignet de pâte à pain.


Ou alors on peut carrément aller s'assoir à la buvette.



Il y a aussi bien sûr les vendeurs d'eau, histoire de se désaltérer avant de prendre la route.