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dimanche 31 mai 2009

Vivre dans un appartement à Fès : et voilà ce qu'on manque

Juste quelques photos de notre campagne marocaine, pour vous montrer ce que j'ai manqué cette année - voir le blé pousser, les paysans faire la moisson, le paysage changer. Je me souviens, l'année dernière, à chaque fois qu'on rentrait de Fès, le plaisir de regarder chaque changement dans le paysage, chaque détail, chaque nuance de couleur.

Au mois d'avril, c'est à ça que ressemble notre maison en terre.


Photo : Nathalie Cardoso


Ensuite, voici notre terrain, planté de blé par Bachir, au mois de mai :



Et ensuite la moisson... faite à la main dans ce champ (impraticable pour les moissonneuses, parce qu'on utilise des machines normalement - sauf les paysans trop pauvres).

dimanche 24 mai 2009

U2 à Fès : Magnificient

U2 aime, vous le savez peut-être, Fès et la musique arabe.
Et voilà le beau clip qui en résulte, tourné dans la médina.

Magnificent

mercredi 20 mai 2009

L'hôtel Lincoln de Casablanca : histoire d'un abandon

C’est une histoire belle, triste et tragique. L’histoire d’un pionnier, d’un hôtel d’une grande beauté, qui s’est lentement transformé en assassin. L’histoire d’une longue déchéance, et d’un futur incertain.

L’hôtel Lincoln est le premier bâtiment construit sur l’avenue Mohammed V (alors Avenue de la Gare), à Casablanca. Il a été conçu 1916 par l’architecte français Hubert Bride, à l’époque où Casablanca était un terrain de jeu et d’expérimentation pour les architectes occidentaux, qui mêlaient techniques occidentales et motifs mauresques. L’hôtel Lincoln est un bâtiment Art Déco magnifique, majestueux. Après la décolonisation, heureusement, il n’a pas subi le même sort que de nombreuses autres constructions datant du protectorat, qui ont été détruits dans une tentative d’effacer les traces de l’occupation française.

Mais au fil du temps, l’hôtel casablancais s’est détérioré. Sa façade a noirci, et tout le bâtiment, immense, est devenu insalubre. Et c’est comme ça qu’en 1989 il a commencé sa carrière meurtrière. Deux personnes sont tuées par l’effondrement d’une partie de son plancher. A la suite de cette tragédie, l’immeuble a été vidé de ses occupants. Quelques années plus tard, un SDF sera tué dans un autre effondrement.

Et malgré tout ça, à cause de tout ça, on se mobilise autour de l’hôtel Lincoln. En 2000, il est classé patrimoine historique. Des projets de réhabilitation naissent. Une Américaine veut en faire un centre culturel dédié aux habitants de Casablanca. On veut le restaurer à l’identique. Mais le propriétaire de l’hôtel imagine un tout autre avenir pour le bâtiment. Il veut le détruire, en ne conservant que la façade principale, et construire un immeuble de bureaux de cinq étages à la place. On parle d’expropriation, mais rien ne se passe.

Le 1er février dernier, les fortes pluies qui se sont abattues sur Casablanca ont provoqué l’effondrement d’une partie de l’hôtel - sans faire de victime cette-fois.

Regardez la beauté, et la détresse, de l’hôtel Lincoln.

 

Pour en savoir plus sur l’histoire de l'hôtel Lincoln, lisez cet article de la Gazette du Maroc.

dimanche 17 mai 2009

Un petit-déjeuner à Casablanca

Quand on va à Casablanca, on a nos petites habitudes. On prend un hôtel près du Marché Central, on va chez Zara, on mange une glace dans la rue, et on va acheter des DVD à la médina.

Notre habitude la plus abordable est celle de prendre le déjeuner dans les laiteries qui bordent le marché central. Au Maroc, une laiterie est une petite boutique qui vent toutes sortes de gâteaux, de yaourts et de sandwichs, et où sont préparés jus de fruits à base de lait et boissons chaudes.

Les laiteries du Marché Central sont particulièrement agréables, parce qu’elles situées au cœur du centre ville de Casablanca, dont l’architecture coloniale est magnifique. On prend son petit-déjeuner au milieu des lycées et des employés du centre ville, en observant le spectacle de la rue. C’est vraiment dépaysant quand on vient de Fès, qui parait si calme et provinciale à côté de tout ce remue- ménage.

Ensuite, c’est sans doute le petit déjeuner le moins cher de Casablanca. Le jus d’orange coûte 5 dirhams (50 centimes d’euro), la verveine (pour Fred, on avait fait la fête la veille) est à 2 dirhams (20 centimes). On prend aussi des petits pains, et, pour Fred, un sandwich au kiri.

La dernière particularité de ces laiteries, c’est qu’elles sont ouvertes très tard dans la nuit. Quand vous sortez d’un bar à deux heures du matin, rien de plus agréable pour conclure la soirée qu’une petite verveine à la laiterie du Marché Central de Casa… (en plus il faut bien ça pour s’endormir quand on dort dans les hôtels ultra bruyants du centre ville).

dimanche 10 mai 2009

La vie dans une maison en terre : un tour du monde

Parfois je me demande ce qui nous a pris de construire une maison en terre au Maroc.

Pendant les pluies, je rêvais d’un appartement tout blanc à Fès, tout propre, tout en haut d’un immeuble, loin des torrents de boue.

Parce que ça avait l’air plus raisonnable qu’une maison en terre perdue dans la campagne marocaine.

Une maison en terre, c’est écolo, d’accord, mais ce n’est qu’un tas de terre. On a appris que ça pouvait se retourner contre nous. Qu’il fallait être prudents. Qu’il fallait bien s’en occuper, tout le temps.

Oui, des doutes et des peurs, j’en ai pas mal.

Il me suffit de faire un petit tour du monde pour oublier tout ça.

Un tour du monde des maisons en terre.

Au Mali...

Photo : blaseur

En Lybie...

Photo : h Savill

En Turquie...

Photo : Hakatani Tenfu

Aux Etats-Unis -d’accord, plus personne n’habite dans celle-là depuis longtemps…

Photo : im pastor rick

En Iran...

Photo :HORIZON

En Inde...

Photo a n j a

Et au Maroc, bien sûr.

mercredi 6 mai 2009

Une maison en terre au Maroc et les petits trésors de son jardin

Si notre maison en terre porte les stigmates des inondations de l’hiver dernier, le jardin aura mieux supporté les intempéries. Il y a bien eu une période d’anarchie, de jungle un peu effrayante. Mais depuis qu’il pleut moins au Maroc, et qu’il y a plus de soleil, ce sont les fleurs qui règnent sur notre petit lopin de terre.

Le printemps marocain a apporté son lot de petits trésors.

Surprises disséminées ça et là,

Couleurs qui nous guérissent de la grisaille de Fès.

Bien sûr les garçons, en bons jardiniers qu’ils sont, ont pris soin de ce petit bout de terrain, et y ont planté les arbres fruitiers qui se languissaient devant notre maison depuis des mois.

Et qui dit trésor dit, bien entendu, gardien. Dans notre cas, gardienne. La chienne Lisa est fidèle au poste.

- Si vous aimez vous promener dans la campagne marocaine, allez vite voir la ballade qu’a fait Sandy de The View From Fez près de Taza dans le nord du pays. Très beau, et tellement, tellement proche de notre campagne à nous. C'est et , dans son nouveau le photo-journal de The View From Fez.

dimanche 3 mai 2009

L'American Fondouk de Fès : un hôpital pour les animaux

Il y a à Fès un endroit très étonnant et un peu magique. C’est l’American Fondouk, une clinique vétérinaire gratuite fondée dans les années 20 par Sidney Haines Coleman, un Américain soucieux de la santé des animaux du Maroc. Quasiment un siècle après sa création, la clinique soigne toujours gratuitement des milliers d’animaux par an. Aujourd’hui, le pays s’est urbanisé, mais les mules et ânes sont toujours le gagne-pain de milliers de personnes à Fès - évidemment, dans les années 20, on aurait pas vu autant de gens amener leurs chats et leurs chiens.

Evidemment, c’est à la fois merveilleux  et étrange qu’un tel endroit existe dans un pays où les hôpitaux publics sont dans un état déplorable, et où la majeure partie de la population n’a pas de sécurité sociale.

Quand il a fallu faire vacciner nos chats, c’est là-bas qu’on voulait aller. Parce que c’était gratuit, et parce que c’était mystérieux. Aussi parce que Paul Bowles, un écrivain américain que j’aime beaucoup, y a travaillé comme secrétaire dans les années 30.

Et on n’a pas été déçus - on a même vu une mule se faire laver les dents. 

Bien sûr, quand je dis que c’est gratuit, on a quand même laissé quelque chose. La plupart des clients de la clinique sont très pauvres.

 

Vous pouvez lire l’histoire de l’American Fondouk ici.

Et l’équipe de la clinique a un blog que vous pouvez lire .