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jeudi 25 février 2010

Fès-Tarifa-Fès : Itinéraire d'une Française au Maroc

Et oui, quand on n'a plus de carte de séjour (dans mon cas, parce que j'ai changé de statut, et mon nouveau contrat ne me permet pas d'être résidente), il faut sortir du pays tous les trois mois.

(Loin de moi l'idée de me plaindre ; le Maroc est beaucoup plus généreux que la France à ce niveau-là.)

Donc, la semaine dernière, après avoir repoussé mon départ au moins trois fois, j'ai réservé une nuit d'hôtel à Tarifa, en Espagne, et je suis partie.

A la gare de Fès, on m'a dit qu'il y avait des innondations sur la voie ferrée entre Sidi Kacem et µTanger; donc, à la place, train jusqu'à Kenitra, puis bus Kénitra-Tanger.

Pas de chance, je suis tombée dans le pire train du Maroc - celui qui a les hauts-parleurs cassés et où il fait 5 degrés.


Arrivée à Tanger, formalités nécessaires; ah, voilà mon bateau.

Tarifa Tanger

Eh eh, il est beau et il va vite.

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Très vite, le bateau - qui est en fait un catamaran géant - s'est rempli, notamment d'une cargaison d'Irlandais qui se sont rués sur le bar et les sandwichs.

J'étais un peu sonnée quand je suis arrivée à Tarifa; il pleuvait beaucoup, alors je me suis assise sur un banc dans le port pour attendre que ça passe.

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J'avais photocopié le plan de la ville du Guide du routard, mais évidemment je l'ai perdu quelque part entre Kénitra et Tanger.

Mais en fait je me suis vite rendu compte que je n'aurais pas de problème pour trouver mon hôtel : Tarifa est minuscule.


Tarifa

En tout cas, c'est très joli Tarifa; c'est une ville envahie par les surfeurs en été, mais là il y avait personne.

Tarifa

Voilà, c'est la seule photo que j'ai prise de la ville, et elle est penchée.

Ma chambre d'hôtel était si propre et confortable qu'il m'a fallut du temps pour m'en remettre - je suis trop habituée aux hôtels pourris de Fès et de Casa moi...

Après, je suis allée boire une bière dans un bar ; c'était vide, à part le patron et un bouddha au dessus du comptoir (huit heures du soir, c'est pas l'heure de l'apéro chez les Espagnols).

Petit repas dans un restau entièrement vide aussi; retour à l'hôtel.

Et le lendemain matin, à peine plus de 12 heures après mon arrivée, j'étais à nouveau au port.

Tarifa

Cette fois-ci, j'ai pris en photo la côté marocaine, qui est tellement proche que c'en est troublant.

Tarifa

Ces deux canards (?) semblaient perdus dans la mer.

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Quand j'ai acheté mon billet de bateau, le commandant n'était pas sûr de pouvoir naviguer à cause du mauvais temps, mais finalement on est parti quand même.

La mer était déchainée; cette fois-ci, pas de bar ni de sandwich, pour personne. Seules les hôtesses étaient debout, prêtes à nettoyer et à récolter les sacs à vomi.

Dans le bateau

Je me suis affalée sur mon siège, et je me suis concentrée sur les pubs de parfums qui passaient sur les télévisions.

Après avoir vu Kate Moss et Chloe Sevigny pour la centième fois, je me suis rendu compte qu'on était arrivés et que j'avais pas été si malade que ça.


Le port de Tanger

Mais le soleil n'a pas brillé longtemps. Je me suis endormie dans le bus, pour me réveiller trempée - il pleuvait comme vache qui pisse, et il y avait une fuite près de mon siège.

Ensuite, dans le train, on a traversé les champs innondés, pour être bloqués un peu avant Meknès. La pluie avait emporté une partie du ballast, il fallait attendre que les cheminots arrangent tout ça.

Finalement, je suis bien arrivée à Fès, 36 heures après mon départ, avec un beau tampon tout neuf dans mon passeport.

lundi 22 février 2010

J'ai gagné ! Mille mercis !

Bonjour tout le monde,

Grâce à vous, j'ai gagné le concours de blogs "Best of Moroccan Blog Awards", dans la catégorie "Blog Personnel". Je suis si fière et contente ! Oh la la, mon premier "award"... ça fait tout drôle.




Sinon, dans notre petite vie pas si près du puits, qu'est-ce qu'il se passe ?
- Bachir va bien. Il a eu un check-up la semaine dernière, et ça a l'air d'aller.
- Fouad continue sa petite vie à Ouled Emgatel. Il garde la maison et en prend bien soin.
- Fred a commencé aujourd'hui une nouvelle aventure, un documentaire. Mais chut, je n'en dis pas plus.
- Quant à moi, je commence bientôt un nouveau boulot, très différent de l'enseignement - je vous raconterai tout très bientôt.
-Et la maison supporte apparemment bien les pluies violentes de ces derniers temps. On touche du bois.

dimanche 7 février 2010

Fès : une ville qui se métamorphose

Marcher dans les rues de Fès, c'est parfois un peu triste.

Comme Marrakesh il y a quelque temps, Fès vit en ce moment une métamorphose - à cause du tourisme, de la croissance économique de ces dernières -avant la crise-, de l'exode rural.


On construit donc des centres commerciaux, des golfs, des supermarchés, des quartiers résidentiels de luxe - et aussi, des banlieues immenses, pour les classes moyennes et les familles plus modestes.

La médina n'est pas épargnée par ce mouvement, on répare les maisons, on nettoie les rues, et les hôtels et maisons d'hôtes prolifèrent.

Au centre-ville, où j'habite, les vieilles villas et les immeubles de l'époque coloniale tombent les uns après les autres, et sont remplacées par des immeubles tout blancs.
C'est vrai qu'il n'y a pas, comme à Casablanca, de chefs-d'oeuvre de l'architecture du début du siècle. Juste des petits bâtiments qui donnent au centre-ville un air de petite ville de province. Difficile de croire, en marchant dans l'avenue Mohammed V, qu'il y a plus d'un million d'habitants à Fès.

Et même si certains immeubles sont complètement délabrés et insalubres, c'est vraiment dommage qu'il n'y ait pas de plan d'urbanisation permettant d'éviter ces destructions.

Un immeuble sur l'avenue Slaoui, en 2005.

Fès 2005

Et le même endroit, cinq ans plus tard.

Fès, 2010

Cette maison, toujours photographiée en 2005, a continué son délabrement tranquillement.

Fès 2005

La même en 2010 :

Fès, ville nouvelle, 2010



Et quand à la belle maison décrépie (et hantée ?) qui se trouvait en face de la CTM, dans l'Atlas, eh bien trop tard, je n'ai pas pris de photo - et elle a disparu.

Quartier de l'Atlas, Fès


Ici, du tout neuf :


Fès 2010


Et là, du très vieux.




Fès, ville nouvelles, 2010

Fès 2004