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vendredi 14 août 2009

La vie autrement : les maisons en sacs de terre de Nader Khalili

Ça fait pas mal de temps que les maisons en sac de terre de Nader Khalili me font de l'œil. Je sais, je sais, notre budget construction est largement dépassé en ce moment.

Mais quand je vois ça :

ecodome

Ouh la la la la.

Nader Khalili est un architecte irano-américain qui a travaillé sur l'architecture lunaire dans les années 80 et a développé des constructions en sacs de sable, qu'il appelle "Super Adobe". Pendant la guerre du Golfe, il a travaillé avec le Haut commissariat pour les réfugiés et pour la première fois ses maisons ont été habitées, par des réfugiés iraniens - les maisons en sacs de terre résistent aux balles et aux bombes. Elles résistent aussi aux tremblements de terre, et les sacs de terre sont très isolants - comme les murs de notre maison en terre.

Mais surtout elles ont un look d'enfer.

village sacs

Un village au Mexique

Une maison en sacs de terre de Khalili


En plus ça a l'air facile à faire. J'ai même envie d'essayer (c'est dire). Et c'est pas cher du tout, puisqu'on utilise des sacs - en fait plutôt des gros boudins - de polypropylène ou de jute, qu'on rempli de terre du terrain où on construit.

Une maison pas finie en Inde


Sur le site de l'Institut californien d'art et d'architecture de la terre (Calearth), fondé par Khalili, on trouve des photos et des conseils. On peut même acheter y des sacs pour construire sa maison. Mais on peut aussi se procurer les sacs en France, dans les usines où ils sont fabriqués. Si ça vous dit, il y a un mode d'emploi sur ce site. Et plein de photos et de projet sur Earthbag Building Blog.


Une maison au Mexique


Alors, une maison en sacs de terre à Ouled Emgatel, c'est pour bientôt ? Je vous laisse juges.


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M : Eh regarde, je viens d'écrire un billet sur les maisons en sacs de terre.

F : Ah ouais je connais.

Il s'approche.

F : Waouh ! C'est terrible !

M : Ouais. J'adore cette photo de l'intérieur de la maison. (Soupir)

F retourne à son cours d'arabe. 10 minutes plus tard il revient avec un plan qu'il vient de dessiner dans les mains :

F : Où est-ce qu'on met la cuisine ?

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samedi 9 août 2008

Panneaux solaires : et la lumière fut...

… et pas seulement la lumière, mais aussi l’ordinateur, le mixeur, la chaine hifi, et pour Fred le bricoleur, la perceuse et la ponceuse…


175 watts de panneaux solaires = une autonomie totale pour notre maison d’Ouled Emgatel.

En même temps, 175 watts, c’est encore peu, ça pourrait être beaucoup plus. Mais on possède peu d’électroménager, le frigo et le four fonctionnent au gaz, et les seuls objets dont on est vraiment accros sont l’ordinateur portable, le chargeur de téléphone portable, et, pour que Fred soit présentable, le rasoir électrique.

En plus, durant ces 6 mois de vie avec un tout petit panneau solaire de 25 watts et de fréquents allers-retours chez les voisins pour recharger notre batterie avec leur électricité, on a eu le temps de s’habituer. Aux fins de soirées à la bougie, parce que la batterie est vide. A rationner l’eau, parce qu’ouvrir le robinet dans notre maison signifie faire fonctionner la pompe, et donc manger de l’électricité. A utiliser l’ordinateur avec parcimonie, une heure par ci, une heure par là. A faire comprendre à nos invités qu’il vaut mieux allumer l’ampoule du salon plutôt que celle de la cuisine, même si celle-ci éclaire mieux, parce que justement si elle éclaire mieux, c’est qu’elle consomme beaucoup plus. Et à ne pas faire fonctionner ensemble deux appareils électriques, parce que, quels qu’ils soient, c’est toujours trop.

Fini tout ça.

Vous pouvez venir chez nous et brancher votre chargeur de portable et votre sèche-cheveux. En même temps.

Bon, pour le congélateur et le fer à repasser il faudra quand même attendre l’achat d’un nouveau panneau solaire…

Mais qui a besoin d’un fer à repasser à Ouled Emgatel ?

samedi 26 avril 2008

Une maison en terre qui respire

J’habite dans une maison en terre. Il y a de la paille dans les murs, de la boue séchée sous nos pieds, des roseaux au-dessus de nos têtes.

Et la fenêtre de notre cuisine s’ouvre dans les champs.

Il y a des choses auxquelles il faut s’habituer cependant. De drôles de trucs peuvent se produire. Du blé pousse sur le toit. Des oiseaux font leur nid sous les poutres. Non, en fait toute la maison est un gigantesque nid pour les oiseaux. Des vers de terre, ça peut arriver, font des petits trous dans le sol des toilettes. Cela s’est produit une fois, et malheureusement les vers de terre sont de retour, parce que le sol est trop humide. Il a plu beaucoup récemment, et la maison a un peu de mal à s’en remettre. On compte sur le soleil marocain de l'été pour réchauffer la maison et définitivement résoudre le problème des vers de terre.

La maison a beaucoup d’habitants, en plus de nous. Beaucoup d’insectes. C’était un peu – beaucoup- effrayant au début, bien qu’il n’y ait pas de trop grosses araignées. Mais maintenant on est habitués, et quand je vois un insecte bizarre qui n’existe pas en France, je cours chercher mon appareil-photo.

Certains animaux, évidemment, ne sont pas les bienvenus du tout. Les souris par exemple. Elles font leur maison dans les toits et adorent les pâtes que nous avons achetées au supermarché à Fès. Les murs sont faits de terre, vous savez, et cela peut rapidement devenir un labyrinthe à souris. On a demandé à Bachir que faire et il a simplement répondu qta (chat). On a donc adopté deux chatons, et on espère que les souris vont déménager rapidement.

Une maison en terre ça vit, ça bouge un peu, ça vieillit et ça change chaque jour. Et c’est très bien, parce que comme ça on ne s’ennuie jamais. Quand on a passé sa vie dans du béton, comme la plupart d’entre nous, c’est une source d’émerveillement continue. Et quand il y a des problèmes – les susdites souris, une fuite dans le toit, quelque chose qui s’écroule un peu quelque part - c’est très facile à arranger. Il n’y pas besoin d’appeler un charpentier ou un maçon. Les enfants de nos voisins savent comment réparer tout ça. En fait, ici tout le monde sait comment construire une maison.

Hum. Et dire que je ne sais même pas comment changer une bouteille de gaz !

jeudi 20 mars 2008

Phyto-épuration, bientôt de l'eau toute propre !

La station d'épuration est finie. Comme je l'avais écrit dans mon précédent message, il s'agit de phyto-épuration, c'est-à-dire épuration par les plantes.
Ici, à Ouled Emgatel, il n'y a pas l'eau courante. Les habitants utilisent le puits. Nous, nous avons installé l'eau courante dans notre maison, mais cette eau n'arrive pas toute seule chez nous. Nous payons un jeune d'un village voisin pour nous apporter, toutes les trois semaines à peu près, une citerne d'eau avec son tracteur. Nous mettons cette eau dans notre réservoir, et voilà ! On peut prendre une douche tranquillement. Trois filtres différents rendent cette eau potable.


Près du Puits... et merci la citerne !

Cette organisation est assez pratique finalement, mais on ne désespère pas de faire creuser un jour un puits près de la maison.

Pour ce qui est des eaux usées, on n'en a pas beaucoup de toute façon, grâce à nos superbes toilettes sèches (photo pour bientôt). Ce sont en fait des toilettes à litières biomaîtrisées, et leur utilisation se révèle un vrai succès. Les filtres plantés que nous avons installés récemment ne sont efficaces qu'avec nos petites eaux grises (vaisselle+lessive+douches), que nous allons pouvoir réutiliser une deuxième fois, pour arroser le jardin.

Le principe, c'est trois bassins. Les deux premiers filtrent l'eau, le troisième, le plus grand, recueille l'eau propre (on espère bien pouvoir y faire trempette en été... ou bien y mettre des poissons).


Les galets

La filtration, comment ça marche?

L'idée est de faire passer l'eau au travers d'un bassin ou de plusieurs bassins remplis, de bas en haut, d'une couche de galets, de graviers, puis de sable, et d'y mettre des plantes aquatiques robustes, comme des roseaux ou des joncs. Il y a d'une part une filtration mécanique assurée par le sable et le réseau racinaire des plantes, un peu comme un filtre à café. D'autre part, et c'est le plus important, comme dans notre intestin, de très nombreuses bonnes bactéries se développent et assurent la dégradation des matières organiques et l'élimination des pathogènes microbiens et bactériens. Les plantes aquatiques absorbent même les métaux lourds !


Les bassins en état de marche, plantés de roseaux, de joncs, et d'autres plantes
trouvées sur le bord de la rivière


Pour en savoir plus sur les toilettes à litière biomaîtrisée, allez voir le très bon site d'Eautarcie.

mardi 18 mars 2008

Un vie plus écologique : notre station d'épuration

On a commencé la construction de notre station d'épuration... enfin, épuration, phyto-épuration (c'est à dire par les plantes, je vous expliquerai tout ça plus tard)... et station, euh... en fait, les ouvriers l'ont baptisée "les oeufs".
Voilà pourquoi :

Fouad, Bachir et Aziz, chacun dans leur oeuf

Bon, pour les explications techniques, on fera ça un autre jour... il est déjà tard. Je vous quitte avec cette photo des travaux, et vous laisse décider quel rôle joue l'âne dans tout ça.

Les animaux d'Ouled Emgatel

Le jardin d'Ouled Emgatel

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