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dimanche 7 février 2010

Fès : une ville qui se métamorphose

Marcher dans les rues de Fès, c'est parfois un peu triste.

Comme Marrakesh il y a quelque temps, Fès vit en ce moment une métamorphose - à cause du tourisme, de la croissance économique de ces dernières -avant la crise-, de l'exode rural.


On construit donc des centres commerciaux, des golfs, des supermarchés, des quartiers résidentiels de luxe - et aussi, des banlieues immenses, pour les classes moyennes et les familles plus modestes.

La médina n'est pas épargnée par ce mouvement, on répare les maisons, on nettoie les rues, et les hôtels et maisons d'hôtes prolifèrent.

Au centre-ville, où j'habite, les vieilles villas et les immeubles de l'époque coloniale tombent les uns après les autres, et sont remplacées par des immeubles tout blancs.
C'est vrai qu'il n'y a pas, comme à Casablanca, de chefs-d'oeuvre de l'architecture du début du siècle. Juste des petits bâtiments qui donnent au centre-ville un air de petite ville de province. Difficile de croire, en marchant dans l'avenue Mohammed V, qu'il y a plus d'un million d'habitants à Fès.

Et même si certains immeubles sont complètement délabrés et insalubres, c'est vraiment dommage qu'il n'y ait pas de plan d'urbanisation permettant d'éviter ces destructions.

Un immeuble sur l'avenue Slaoui, en 2005.

Fès 2005

Et le même endroit, cinq ans plus tard.

Fès, 2010

Cette maison, toujours photographiée en 2005, a continué son délabrement tranquillement.

Fès 2005

La même en 2010 :

Fès, ville nouvelle, 2010



Et quand à la belle maison décrépie (et hantée ?) qui se trouvait en face de la CTM, dans l'Atlas, eh bien trop tard, je n'ai pas pris de photo - et elle a disparu.

Quartier de l'Atlas, Fès


Ici, du tout neuf :


Fès 2010


Et là, du très vieux.




Fès, ville nouvelles, 2010

Fès 2004

vendredi 14 août 2009

La vie autrement : les maisons en sacs de terre de Nader Khalili

Ça fait pas mal de temps que les maisons en sac de terre de Nader Khalili me font de l'œil. Je sais, je sais, notre budget construction est largement dépassé en ce moment.

Mais quand je vois ça :

ecodome

Ouh la la la la.

Nader Khalili est un architecte irano-américain qui a travaillé sur l'architecture lunaire dans les années 80 et a développé des constructions en sacs de sable, qu'il appelle "Super Adobe". Pendant la guerre du Golfe, il a travaillé avec le Haut commissariat pour les réfugiés et pour la première fois ses maisons ont été habitées, par des réfugiés iraniens - les maisons en sacs de terre résistent aux balles et aux bombes. Elles résistent aussi aux tremblements de terre, et les sacs de terre sont très isolants - comme les murs de notre maison en terre.

Mais surtout elles ont un look d'enfer.

village sacs

Un village au Mexique

Une maison en sacs de terre de Khalili


En plus ça a l'air facile à faire. J'ai même envie d'essayer (c'est dire). Et c'est pas cher du tout, puisqu'on utilise des sacs - en fait plutôt des gros boudins - de polypropylène ou de jute, qu'on rempli de terre du terrain où on construit.

Une maison pas finie en Inde


Sur le site de l'Institut californien d'art et d'architecture de la terre (Calearth), fondé par Khalili, on trouve des photos et des conseils. On peut même acheter y des sacs pour construire sa maison. Mais on peut aussi se procurer les sacs en France, dans les usines où ils sont fabriqués. Si ça vous dit, il y a un mode d'emploi sur ce site. Et plein de photos et de projet sur Earthbag Building Blog.


Une maison au Mexique


Alors, une maison en sacs de terre à Ouled Emgatel, c'est pour bientôt ? Je vous laisse juges.


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M : Eh regarde, je viens d'écrire un billet sur les maisons en sacs de terre.

F : Ah ouais je connais.

Il s'approche.

F : Waouh ! C'est terrible !

M : Ouais. J'adore cette photo de l'intérieur de la maison. (Soupir)

F retourne à son cours d'arabe. 10 minutes plus tard il revient avec un plan qu'il vient de dessiner dans les mains :

F : Où est-ce qu'on met la cuisine ?

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mercredi 20 mai 2009

L'hôtel Lincoln de Casablanca : histoire d'un abandon

C’est une histoire belle, triste et tragique. L’histoire d’un pionnier, d’un hôtel d’une grande beauté, qui s’est lentement transformé en assassin. L’histoire d’une longue déchéance, et d’un futur incertain.

L’hôtel Lincoln est le premier bâtiment construit sur l’avenue Mohammed V (alors Avenue de la Gare), à Casablanca. Il a été conçu 1916 par l’architecte français Hubert Bride, à l’époque où Casablanca était un terrain de jeu et d’expérimentation pour les architectes occidentaux, qui mêlaient techniques occidentales et motifs mauresques. L’hôtel Lincoln est un bâtiment Art Déco magnifique, majestueux. Après la décolonisation, heureusement, il n’a pas subi le même sort que de nombreuses autres constructions datant du protectorat, qui ont été détruits dans une tentative d’effacer les traces de l’occupation française.

Mais au fil du temps, l’hôtel casablancais s’est détérioré. Sa façade a noirci, et tout le bâtiment, immense, est devenu insalubre. Et c’est comme ça qu’en 1989 il a commencé sa carrière meurtrière. Deux personnes sont tuées par l’effondrement d’une partie de son plancher. A la suite de cette tragédie, l’immeuble a été vidé de ses occupants. Quelques années plus tard, un SDF sera tué dans un autre effondrement.

Et malgré tout ça, à cause de tout ça, on se mobilise autour de l’hôtel Lincoln. En 2000, il est classé patrimoine historique. Des projets de réhabilitation naissent. Une Américaine veut en faire un centre culturel dédié aux habitants de Casablanca. On veut le restaurer à l’identique. Mais le propriétaire de l’hôtel imagine un tout autre avenir pour le bâtiment. Il veut le détruire, en ne conservant que la façade principale, et construire un immeuble de bureaux de cinq étages à la place. On parle d’expropriation, mais rien ne se passe.

Le 1er février dernier, les fortes pluies qui se sont abattues sur Casablanca ont provoqué l’effondrement d’une partie de l’hôtel - sans faire de victime cette-fois.

Regardez la beauté, et la détresse, de l’hôtel Lincoln.

 

Pour en savoir plus sur l’histoire de l'hôtel Lincoln, lisez cet article de la Gazette du Maroc.

Les animaux d'Ouled Emgatel

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