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samedi 10 octobre 2009

Mariages à Ouled Emgatel

Donc, l'autre jour, quand on est arrivés dans notre maison d'Ouled Emgatel, Abdelali, le fils de Mohammed, s'habillait pour son mariage l'après-midi même.

Son garçon d'honneur a insisté pour que je prenne une photo d'eux devant notre magnifique voiture - qui aura par la suite un rôle de première importance dans le mariage.


Le marié

Ensuite on est tous descendus dans la ferme de Mohammed.

Et puis tout s'est passé très vite.

Le camion contenant les affaires de la mariée arrive d'abord -première surprise : un mariage, dans cette région du Maroc, c'est aussi un déménagement.

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Ensuite la mariée, qu'on apercevra seulement. Elle attend dans la voiture que tous ses meubles soient déchargés, et ensuite elle entre dans la pièce.

Voilà donc la voiture de la mariée numéro 1 - la fille de la ville. C'est la voiture d'Anas, le propriétaire des terres que la famille de Mohammed cultive.

La mariée est dans la voiture

(Ce charmant visage, c'est celui de Zineb, la petite sœur de notre ami Yacine. La mariée est camouflée à l'intérieur, un voile sur la tête.)

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Pendant tout ce temps, les hommes sont d'un côté - avec les musiciens.

Le coin des hommes

Et les femmes de l'autre - avec les meubles.

Le coin des femmes

(Au premier plan de cette photo on voit Mohammed, le chef de famille.)


Pas de photo des mariées cependant - elles n'assistent pas au mariage. Elles passent directement de la maison de leurs parents à la voiture et à la pièce où elles vont passer le reste de leur vie.


Pas de mariage marocain sans musique et danseuse évidemment.

Mariage marocain

Ici la danseuse, des billets de 200 dirhams distribués par la foule plein les mains - pour le "show". Ils lui seront par la suite échangés contre des pièces de 5 ou 10 dirhams.

(A un moment, ils ont mis cette natte en plastique par terre, et un des musiciens a commencé à se préparer, comme pour faire une acrobatie. Il s'est finalement élancé et a fait une roulade. Tout le monde était hilare. Selon Fred, les gens d'ici sont très sérieux, et ne font jamais de roulades. Bref. C'était étrange quand même.)

mariage à Ouled Emgatel

Thé au mariage de Redouane et d'Abdelali

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Et une fois que tout est fait, les meubles déchargés, la pièce aménagée (avec lit, armoire, vaisselle, tapis et canapés marocains), et la mariée installée, c'était parti pour le deuxième mariage.

Je vous la fait courte, puisque de toute façon la nuit tombait et que j'ai arrêté de prendre des photos.

Voici le marié n° 2, Redouane, le grand frère d'Abdelali.

Redouane, un des deux mariés

Pas aussi chic qu'Abdelali. Il faut dire que son mariage est beaucoup moins prestigieux. Il se marie avec sa voisine.

Honnêtement, on était un peu surpris de le voir se marier parce qu'il a plutôt un caractère d'aventurier.

Mariage marocain


Redouane nous a demandé d'aller chercher la mariée - qui habite à 200 mètres - avec notre magnifique carrosse. Personne n'a de voiture ici, donc notre Fiat Uno était mieux que rien.

Là, c'était carrément le délire - les femmes sont entrées dans la voiture avec des bougies, et la foule nous a accompagné jusque chez Mohammed.

Et rebelote, déménagement, installation, etc.

Sans apercevoir une seule fois le visage de la mariée.

Voilà, ça, c'était un mariage marocain de la campagne. Chaque région a ses propres coutumes. A Fès, ça se passe pas du tout comme ça - à l'inverse, la mariée est le centre de l'attention, elle change de robe 7 fois. Et elle ne vient pas avec ses meubles, et c'est pas forcément un mariage arrangé,
Du point de vue des femmes, des mariées, ce mariage à la campagne m'a paru complètement horrible. C'est vrai qu'elles se préparent toute leur vie à cet événement. Mais quand même ... Je regarde la petite Hayat, et j'espère, j'espère, que les choses auront changé dans 10, ans, qu'elle pourra choisir, et dire non à son père et à son mari.

Le sourire de Hayat

mardi 11 août 2009

La vie à Ouled Emgatel : 4 mariages et un convalescent

On a attendu la fin de la canicule pour rentrer à Ouled Emgatel. Là-bas, on a retrouvé une maison propre et en bon état (merci Fouad). Les travaux n'ont pas encore commencé, mais toutes les briques sont là, elles attendent patiemment qu'on s'y mette. C'est étrange de se promener dans la maison et sur le terrain après tous ces mois de vie à la ville. Bien sûr, la beauté du lieu surprend toujours, mais les étagères vides, les bouquins qui gondolent, la cuisine inutilisée depuis l'année dernière - sauf pour le thé quotidien de Fouad et Bachir -, tout ça rend un peu nostalgique.

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On est rentré, en plus, le lendemain du mariage de Touria, une des filles de Mohammed. Cette année, Mohammed marie 4 de ses enfants, 2 filles et 2 garçons. La dépense que cela représente, avec les dots et les fêtes à préparer, est énorme. Et il faut dire que c'était assez étonnant, ce lendemain de fête, où la mariée est encore à la maison avec toute sa famille. Le soir même, elle allait rentrer dormir pour la première fois dans une autre maison que la sienne, et vivre pour toujours avec sa belle-famille - et avec un mari, que, bien sûr, elle n'a pas choisi.


Mais ça avait l'air d'aller, Touria. Pour la première fois, on la voyait sans ses habits de travail, habillée comme une fille de la ville - un voile léger sur ses cheveux bien coiffés, un pantalon assorti à un t-shirt, et des chaussures à talon. Dans une pièce de la maison de Mohammed, il y avait les cadeaux de mariage et toutes les choses que sa famille a achetées avec la dot que son mari lui a donné : lit, "farach" (capanés marocains), vaisselle, un mixer, un miroir et plein de couvertures, nappes, et couettes. Il y avait ses valises aussi, pleines de vêtements que je ne l'ai jamais vue porter.


Ses quatre sœurs, celle qui est déjà mariée, celle qui se marie dans un mois, celle qui se mariera dans quelques années et celle qui ne se mariera jamais, tournaient autour d'elle comme des abeilles, inspectaient les cadeaux. Dounia, pour qui c'est le tour très bientôt, et qui est bien plus jeune que Touria, était sur son trente-et-un elle aussi. Dans un mois elle partira vivre à Fès. Elle avait un petit rire nerveux quand on lui posait des questions sur son futur mari. Quand à Houria, elle perd deux soeurs d'un coup, mais récupèrera deux belles-soeurs le mois prochain.


Celui qui avait l'air parfaitement en forme par contre, c'était Abdelali. Tout lui sourit en ce moment: politique, tracteur, terres. Et à la fin du Ramadan, il se marie avec une fille de la ville - symbole le plus éclatant de sa réussite, puisque d'habitude les filles de Fès ne se marient pas à la campagne.


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Et le convalescent ? C'est notre cher Bachir, bien sûr. Il a eu un examen de contrôle à Rabat la semaine dernière - plus que sommaire, hum -, et apparemment tout va bien. Il n'est toujours pas en état de travailler, mais il récupère tout doucement.


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Ouled Emgatel

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Alors si quelqu'un connait le nom de cet arbre à la croissance vraiment exceptionnelle - il y a un an et demi ce n'était qu'une toute petite pousse ridicule - et qui est un des seuls arbres qu'on a plantés qui se sente vraiment à l'aise à Ouled Emgatel, je suis preneuse. On en voit plein dans les rues de Fès. Fred a récolté des graines et les a mises dans un petit turperware avec du coton humide, mais je doute que ça donne quelque chose...

dimanche 31 mai 2009

Vivre dans un appartement à Fès : et voilà ce qu'on manque

Juste quelques photos de notre campagne marocaine, pour vous montrer ce que j'ai manqué cette année - voir le blé pousser, les paysans faire la moisson, le paysage changer. Je me souviens, l'année dernière, à chaque fois qu'on rentrait de Fès, le plaisir de regarder chaque changement dans le paysage, chaque détail, chaque nuance de couleur.

Au mois d'avril, c'est à ça que ressemble notre maison en terre.


Photo : Nathalie Cardoso


Ensuite, voici notre terrain, planté de blé par Bachir, au mois de mai :



Et ensuite la moisson... faite à la main dans ce champ (impraticable pour les moissonneuses, parce qu'on utilise des machines normalement - sauf les paysans trop pauvres).

dimanche 7 septembre 2008

Un thé à Ouled Emgatel

Des verres à thé, des théières, et des plateaux. Faits avec la terre grise des champs d’Ouled Mgatel.

Beaucoup de théières en fait – ces enfants devaient avoir soif quand ils ont fabriqué ce service à thé miniature. Il faut dire que ça peut être très ennuyeux de surveiller les chèvres et les vaches.



Vous voulez voir ça de plus près ?




Et puisqu’à Ouled Emgatel les vœux sont souvent exaucés, un véritable goûter a été servi – du vrai lait à la pomme dans des vrais verres avec des vrais gâteaux.




Les petits bergers s’amusent, et leurs troupeaux s’éparpillent autour de notre maison.


Et si vous voulez savoir à quoi ressemble la vie d'un enfant à Ouled Emgatel, lisez - ou relisez - ceci.

mercredi 3 septembre 2008

On travaille l'été à Ouled Emgatel

On a peint sa maison en blanc… (euh… pas nous. Pas encore.)


On a construit de drôles de trucs…


C’est comme ça qu’on stocke le foin à Ouled Emgatel.


Chez Mohammed, on a fait une maison pour le tracteur…



... quand à Smaïn, il n'a pas encore fini d’attendre que sa vache mange ce qui reste des câpriers.



jeudi 21 août 2008

Deux bergers et une balançoire

Parce que ça peut être ennuyeux, de surveiller le troupeau toute la matinée.

Alors, on construit ça.

Depuis quelques mois – depuis que la moisson est terminée, et que les champs ne sont plus interdits aux bêtes – Smain et Houria passent leurs matinées sur notre champ, avec leurs vaches. Ils arrivent tôt le matin, à 7 heures – ce qui signifie 6 heures, vu le décalage horaire, vous vous souvenez? - et partent avant que le soleil ne tape trop, vers 11 heures.




Houria, la fille de nos voisins, s’occupe d’un troupeau d’une dizaine de bêtes, tandis que Smain n’en n’a… qu’une seule.

Cette vache est très importante.

Smain est le petit frère de Bachir, un de nos deux gardiens/ouvriers. Leur famille est pauvre. Selon les critère d’Ouled Mgatel. La grande majorité des habitants de la région sont pauvres, selon nos standards européens. Mais certains s’en sortent bien – grosses récoltes de blé et d’olives, grandes fermes, gros troupeaux, tracteurs. Pour d’autres, ceux qui ne possèdent aucun terrain et peu de bêtes, comme la famille de Bachir, c’est plus difficile. Les hommes attendent le travail, et parfois, il n’y a rien à faire.

Grâce à un micro-crédit, Bachir a pu emprunter quelques milliers de dirhams et acheter une vache – ce qui signifie lait frais, petit lait, et beurre. Mais aussi que la famille s'enrichit.

Avec une seule vache à surveiller en tout cas, Smain est plus tranquille que Houria.

Non, en fait, tous les deux sont tranquilles, et on peut les trouver à l’ombre de notre maison, jouant avec les petits cousins d’Houria, ou parfois endormis dans les champs. Ce qui explique pourquoi les bêtes grignotent parfois nos roseaux – grrrrrrr.

Hier, le jeu du jour consistait en une balançoire improvisée.



Mais le plaisir était aussi de monter dans l’olivier.



… et de se laisser tomber.



mercredi 20 août 2008

Pas d'heure d'été pour Ouled Emgatel

J’ai découvert récemment qu’il y a un décalage horaire d’une heure entre notre maison et le reste d’Ouled Emgatel.

Et oui.

Quand il est neuf heures dans notre maison (et aussi dans le jardin je pense…), il est en fait seulement 8 heures chez nos voisins, et probablement dans une grande partie de la région d’Ouled Jamaa.

Cela en explique, des choses. Je pensais que tout le monde était tout le temps en retard. Mais non : ils ont juste décidé de ne pas changer d’heure, quand tout le Maroc a passé à l’heure d’été, fin mai.

Et après tout, pourquoi pas ? Ici, personne n’a de train à prendre, de travail où pointer à heure fixe. Les gens ont toujours vécu avec le soleil. Leur heure est aussi bonne que celle des villes.

Et pour moi… c’est un plaisir d’avoir toujours une heure d’avance, même si ça ne marche qu’à Ouled Emgatel !



Parcourir ces 150 mètres, c’est voyager dans le temps…

mercredi 9 juillet 2008

La saison des câpres

Depuis 10 jours maintenant, il fait plus de 40 degrés à la campagne… de temps en temps le chergui, le vent chaud qui vient du Sahara, souffle et rend toute tentative de mettre le nez dehors très pénible.

Heureusement que la paille et la terre dont est faite notre maison nous isolent de la chaleur. Les nuits sont en tout cas moins difficiles qu’à Fès.

Notre jardin souffre de toute cette chaleur. Malgré notre citerne et nos bassins de phyto-épuration, on manque d’eau. Les bassins, d’ailleurs, sont vides, l’eau s’y évapore quasi instantanément.

Une seule plante semble être adaptée à ce climat.



Les câpriers ne font rien comme personne et poussent au moment où les autres plantes meurent. Une fois que la moisson est terminée, on voit dans les champs ces touffes de verdures, qui grossissent chaque semaine. Apparemment, moins il y a d’eau et plus les câpriers sont contents.

Si on observe les collines autour de notre maison, on s’aperçoit que souvent les câpriers poussent en lignes bien parallèles, comme si ils avaient été plantés par l’homme (ce qui a peut-être été le cas, il y a longtemps).

Les habitants d’Ouled Emgatel profitent bien sûr de cette plante indestructible.

Ils ne la consomment pas cependant.



Le câprier produit de nouvelles câpres chaque semaine. Ah oui, tiens, est-ce que vous savez au juste ce que sont les câpres? Ce ne sont pas les fruits du câprier, mais les boutons de ses fleurs. Les fleurs sont très jolies, et ont une odeur délicieuse.



Les gens ici cueillent les câpres quand elles sont déjà grosses, et ils les vendent au marché. Elles commencent leur long voyage vers l’Asie, où elles seront consommées. Cette année, elles sont achetées 15 dirhams (1,40 euros) aux paysans qui les cueillent. Et croyez-moi, c’est vraiment pénible à cueillir

Le câprier a des épines qui blessent. En plus, il y a peu de câpres sur chaque buisson. La cueillette est donc longue. Et se fait chaque semaine.

Je m’y suis mise, parce que évidemment j’avais cette idée de faire plein de bocaux de câpres… mais hum, disons que je ne me suis pas acharnée.

Résultat au bout de 20 minutes de cueillette :



Un peu décevant quand même, non ? Bon, évidemment, je n’ai cueilli que les plus petites, et elles sont moins nombreuses et plus proches des épines que les grosses que nos voisins récoltent.

J’ai mis tout ça dans un bocal, mais j’hésite à vous donner la recette tant qu’on ne les a pas goutées…

lundi 12 mai 2008

Moisson

Ah, c’était bien agréable de vivre entourés de tout ce blé.

Souvenez vous, c’était au mois de mars.

Et il y a trois semaines.

Mais c’est bel et bien fini.

Chez Mohammed comme au sommet de la colline les bottes de paille s’entassent…






Les animaux peuvent enfin manger tout ce qu’il reste dans les champs.

Chez nous, des tournesols ont pris le relais et les bottes de paille prennent le frais dans la cour. En attendant peut-être, qui sait, de devenir un jour maisons...


Les animaux d'Ouled Emgatel

Le jardin d'Ouled Emgatel

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