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jeudi 15 mai 2008

Une oasis à Ouled Emgatel

En construisant les bassins de phyto-épuration, on ne se doutait pas qu’on aurait autant de visites.



Il y eut d’abord les grenouilles, énormes, qui se jetaient dans les bassins et essayaient vainement d’en sortir.

Les chiens ne tardèrent pas à découvrir cette source inespérée, eux qui ont toujours faim et très souvent soif aussi.

On voyait beaucoup d’oiseaux farouches profiter de l’eau et des insectes. Des alouettes des champs bien sûr, et d’autres, trop rapides pour qu’on les connaisse vraiment.

Des centaines d’abeilles pacifiques vinrent coloniser le sable humide des bassins. Pacifiques, j’ai dit.

Mais nos derniers visiteurs sont les plus étonnants… une famille de dindons, composée de la maman et de sa douzaine de petits, qui pataugent régulièrement dans les bassins. On ne sait pas d’où ils viennent, mais on ne leur pose pas de questions, et on les laisse s’enfuir dans les champs dès qu’ils en ont envie.

lundi 12 mai 2008

Moisson

Ah, c’était bien agréable de vivre entourés de tout ce blé.

Souvenez vous, c’était au mois de mars.

Et il y a trois semaines.

Mais c’est bel et bien fini.

Chez Mohammed comme au sommet de la colline les bottes de paille s’entassent…






Les animaux peuvent enfin manger tout ce qu’il reste dans les champs.

Chez nous, des tournesols ont pris le relais et les bottes de paille prennent le frais dans la cour. En attendant peut-être, qui sait, de devenir un jour maisons...


samedi 3 mai 2008

Une maison en terre à Ouled Emgatel... et pas de voiture

Mais pourquoi au juste avons-nous été privés de voiture ? Pas d’accident ou de problème technique, rassurez-vous, mais juste la douane marocaine. Cela a été un vrai problème pour nous depuis que nous habitons au Maroc. Je vous épargne les détails, vu que c’est plutôt compliqué. En tous cas nous avons dû laisser notre voiture à la maison pendant trois semaines.

Par un coup de chance extraordinaire le problème a été résolu mardi dernier – un vrai miracle, puisque Fred partait le lendemain en Pologne pour jouer dans un festival et que cela aurait été difficile avec ce problème de douane – la voiture étant enregistrée sous son nom, il n’aurait sans doute pas pu quitter le Maroc. Tout est bien qui finit bien, et nous pouvons garder la voiture jusqu’au mois de juillet.

Vivre à Ouled Emgatel sans voiture peut sembler très difficile. Bon, c’est vrai, c’est un peu difficile. Pour nous. Car ici, personne n’a de voiture. Et quand les gens ont de l’argent, ils achètent plutôt des tracteurs que des voitures.

Ici, les gens ne voyagent pas beaucoup. Chaque semaine, ils vont au souk vendre leur récolte et acheter de la nourriture. Il faut aussi qu’ils aillent de temps en temps à la ville pour acheter leurs cartes d’électricité – et oui c’est comme ça que ça fonctionne ici, comme pour les cartes de téléphone. La compagnie d’électricité ne fait pas confiance aux paysans pour payer leurs factures. De temps en temps, les gens vont visiter de la famille à Fès, ou vont chez le médecin. Mais c’est à peu près tout. Les jeunes hommes qui ne sont pas mariés sont ceux qui voyagent le plus ; les femmes quittent rarement leur village, et les jeunes filles jamais. La fille de notre voisin Mohammed, Houria, qui a 14 ans, n’a jamais ne serait-ce que vu la route – elle ne connait que Ouled Emgatel et Ouled Tahar, qui est le village d’en face, à un kilomètre, et la piste entre les deux villages.

Pendant trois semaines nous n’avions pas le droit d’utiliser notre voiture, mais nous ne l’avons pas laissée à la maison tout le temps. Les chemins de terre ici ne sont pas exactement considérés comme le territoire de la police, pour des raisons que, hum, j’expliquerai peut-être une autre fois. Pour aller à Lothar Hmouchi, l’endroit sur la route principale où on peut faire du stop, nous avons donc quand même utilisé la voiture.

Comme vous pouvez le constater, il n’y a aucun arbre ici. L’attente est donc plutôt chaude…

Je pensais que ça serait désagréable, mais en fait non (mis à part le fait qu’il fallait voyager léger et que nous ne pouvions pas ramener tout ce qu’on voulait de Fès).On attend rarement plus de 10 minutes avant que quelqu’un ne s’arrête. Il y a beaucoup de taxis sur cette route. Certains d’entre eux sont des taxis clandestins, et cela peut être une vraie aventure de monter dans l’un d’entre eux – comme par exemple 4 personnes à l’avant (3 est la norme pour les taxis). Parfois, des gens s’arrêtent juste et vous emmènent gratuitement à Fès.

Ah, comme ça c’est quand même mieux !

mardi 29 avril 2008

Photo de la maison 28/04/08


Sur la terrasse

Imaginez-vous le chant des oiseaux en plus...

samedi 26 avril 2008

Une maison en terre qui respire

J’habite dans une maison en terre. Il y a de la paille dans les murs, de la boue séchée sous nos pieds, des roseaux au-dessus de nos têtes.

Et la fenêtre de notre cuisine s’ouvre dans les champs.

Il y a des choses auxquelles il faut s’habituer cependant. De drôles de trucs peuvent se produire. Du blé pousse sur le toit. Des oiseaux font leur nid sous les poutres. Non, en fait toute la maison est un gigantesque nid pour les oiseaux. Des vers de terre, ça peut arriver, font des petits trous dans le sol des toilettes. Cela s’est produit une fois, et malheureusement les vers de terre sont de retour, parce que le sol est trop humide. Il a plu beaucoup récemment, et la maison a un peu de mal à s’en remettre. On compte sur le soleil marocain de l'été pour réchauffer la maison et définitivement résoudre le problème des vers de terre.

La maison a beaucoup d’habitants, en plus de nous. Beaucoup d’insectes. C’était un peu – beaucoup- effrayant au début, bien qu’il n’y ait pas de trop grosses araignées. Mais maintenant on est habitués, et quand je vois un insecte bizarre qui n’existe pas en France, je cours chercher mon appareil-photo.

Certains animaux, évidemment, ne sont pas les bienvenus du tout. Les souris par exemple. Elles font leur maison dans les toits et adorent les pâtes que nous avons achetées au supermarché à Fès. Les murs sont faits de terre, vous savez, et cela peut rapidement devenir un labyrinthe à souris. On a demandé à Bachir que faire et il a simplement répondu qta (chat). On a donc adopté deux chatons, et on espère que les souris vont déménager rapidement.

Une maison en terre ça vit, ça bouge un peu, ça vieillit et ça change chaque jour. Et c’est très bien, parce que comme ça on ne s’ennuie jamais. Quand on a passé sa vie dans du béton, comme la plupart d’entre nous, c’est une source d’émerveillement continue. Et quand il y a des problèmes – les susdites souris, une fuite dans le toit, quelque chose qui s’écroule un peu quelque part - c’est très facile à arranger. Il n’y pas besoin d’appeler un charpentier ou un maçon. Les enfants de nos voisins savent comment réparer tout ça. En fait, ici tout le monde sait comment construire une maison.

Hum. Et dire que je ne sais même pas comment changer une bouteille de gaz !

jeudi 24 avril 2008

Une maison en terre dans les oliviers

La maison est entourée d’oliviers. Et nous avons de la chance. Parce que, voyez- vous, il y a eu un massacre.

Cela s’est passé dans les années 80. Il y a eu une sécheresse terrible au Maroc. Les melons, les courgettes, le blé qui abondaient auparavant dans les champs ne poussaient plus. Les gens commencèrent à fuir les campagnes pour s’installer dans les grandes villes. Fès, Meknès et Casablanca gagnèrent des dizaines de milliers d’habitants. Ceux qui restèrent à la campagne devaient trouver un moyen de se nourrir. Il n’y avait plus d’eau, donc plus de melons, plus de blé, plus de fèves. Ils décidèrent alors de vendre le bois des oliviers, et de couper les arbres qui les nourrissaient. Les collines se dépeuplèrent. Un véritable drame écologique.

Mais les arbres continuent à nourrir les gens. Depuis le petit-déjeuner jusqu’au diner. Pas de véritable repas sans l’olivier. C’est quelque chose que il m’a fallut apprendre ici. Une omelette n’est pas bonne si elle n’est pas recouverte de 2 cm d’huile d’olive. Cette règle vaut aussi pour les tajines... Donc si vous comptez passer un jour par chez nous, il vaut mieux que vous aimiez les olives!

Revenons à nos arbres. Quelques uns furent laissés. Heureusement, il y a un champ de ces rescapés près de notre maison. Ils nous appartiennent pas cependant. Ce sont la propriété d’une fassie, la petite-fille d’un pacha. Evidemment, lors de la sécheresse, les gens riches n'ont pas eu à couper leurs arbres. Et ils sont très majestueux :

Nous avons replanté quelques arbres – et ce n’est qu’un début, on espère. Ils ont deux ans maintenant. Et ils ont des fleurs. Donc, potentiellement, on aura des olives. Enfin, c’est ce qu’on espérait. Mais des vents violents ont soufflé sur la région dernièrement, et c’est très mauvais pour les oliviers. Les fleurs se détachent des tiges et s’envolent. C’est dommage, mais très beau :


Des étoiles sur la terre

samedi 19 avril 2008

Photo de la maison 19/04/08

De ce point de vue, on dirait une drôle de forteresse, ou bien un bateau... avec en guise de pavillon du linge séchant sur une corde !

jeudi 17 avril 2008

Une maison en terre pleine d'animaux

Tout à coup la maison d'Ouled Emgatel était envahie d'animaux.

On avait tout d'abord repéré un drôle insecte dans la cuisine.

Depuis qu'on avait construit les bassins d'épuration de l'eau, on voyait de plus en plus de crapauds, souvent un peu suicidaires, que l'on repêchait et laissait sécher au soleil.


La petite tortue avait disparu, et on se disait qu'elle réapparaîtrait peut-être un jour. En attendant on en avait acheté une grosse au marché. Elle avait bon appetit et elle était accompagné d'un copain.


Certains animaux semblaient nés pour vivre dans notre maison toute blanche.

lundi 14 avril 2008

Une maison en terre dans les nuages

Bachir et Fouad sont des artistes de la chaux.
A notre retour de Fès nous avons retrouvé une maison immaculée.
Regardez plutôt :




Et la petite collection d'instruments de Fred s'est installée sur nos murs tout blancs.

Les animaux d'Ouled Emgatel

Le jardin d'Ouled Emgatel

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